
CD 40ème Anniversaire
A. Lotti : Credo et Requiem
Palestrina : Lamentation de Jérémie

Église Saint-Julien | ||
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| Vendredi 12 juin - 18h30 Â | Â 63 - CHAURIAT Â | |
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 1/ PROGRAMME "L’ÂME ANGLAISE"
La Renaissance anglaise "L'âge d'or de la musique anglaise" - XVIè XVIIè siècles.
Thomas Tallis (ca.1505-1585) formé au modèle de la polyphonie et du contrepoint franco-flamands, est l'un des compositeurs anglais les plus admirés, en son temps et encore aujourd'hui. Après avoir obtenu en 1542 la position privilégiée d'organiste à la Chapelle Royale pour la cour, il y servira et composera pour Henry VIII, Marie Tudor et Élisabeth Ière (fin de la dynastie des Tudor) pendant les quarante années qui suivirent. Il fut l'un des premiers compositeurs de la Renaissance à composer de la musique sacrée en langue anglaise après la réforme anglicane. Ses anthems "If ye love me" et "Remember not, O Lord God" datent de cette époque. Tout en étant catholique, Thomas Tallis a su s'adapter aux goûts de ces différents monarques et aux changements de politique religieuse résultant de la Réforme protestante et de la Restauration catholique.
En 1572, William Byrd, qui fut sans doute son élève partage avec lui le poste d'organiste à la Chapelle Royale. Ils s'associent en 1575 pour obtenir le privilège exclusif de l'édition musicale sur le sol anglais. A la mort de Tallis, ce monopole sera transmis à Byrd et permettra à celui-ci de diffuser largement son œuvre. Il fera l'éloge de son ami : "Tallis est mort, et la musique meurt."
William Byrd (1543-1623). Musicien très apprécié de la reine Élisabeth, William Byrd, malgré son engagement catholique resta à la Chapelle Royale jusqu'en 1593 et composa de nombreuses œuvres vocales pour le culte anglican qui ont largement contribué à sa réputation. Mais simultanément, il composait aussi pour les services religieux catholiques, qui se tenaient clandestinement dans des résidences privées. Ce fut le cas du motet "Ave verum Corpus" chanté pendant la bénédiction du Saint Sacrement. Représentatif de son talent, il figure parmi les œuvres de William Byrd préférées du public.
Il excellait également dans des compositions pour ensembles d'instruments, les consorts, essentiellement pour les violes dont la Fantaisie n02 pour six instruments est un bel exemple, et pour clavier (clavecin ou virginal) : plus de 120 pièces que l'on trouve notamment dans le Fitzwilliam Virginal Book, célèbre anthologie consacrée aux "virginalistes anglais", dans laquelle figurent également des pièces de John Bull (qui fut son élève), Giles Farnaby et Jan Pieterszoon Sweelinck. Il fut l'un des premiers à écrire pour une seule voix, avec "accompagnement obligé", notamment par un quatuor de violes.
Les Virginalistes anglais Le virginal est un instrument à cordes pincées de la famille du clavecin, de forme rectangulaire ou polygonale, plus petit que celui-ci et avec une seule corde par note, mais le terme de virginal désigne aussi à l'époque l'ensemble des instruments de la famille du clavecin.
John Bull (ca.1562-1628). Organiste et facteur d'orgue, il fut notamment organiste de la Chapelle Royale au service de la reine Élisabeth puis du roi Jacques Ier et professeur au Gresham College. Il était réputé pour ses talents d'interprète et de compositeur, particulièrement au virginal, mais sa vie privée lui causa quelques déboires et il dût en 1613 quitter l'Angleterre pour les Pays-Bas. Il y rencontra Sweelinck, avec qui il semble qu'il entretint d'excellentes relations. On trouve notamment une quarantaine de ses compositions pour virginal dans le Fitzwilliam Virginal Book dont des In Nomine, variations écrites sur la mélodie du In Nomine du Benedictus de la messe Gloria tibi Trinitas de John Taverner, thème très populaire à l'époque.
Giles Farnaby (1560-1640), virginaliste également talentueux, mais dont on sait peu de la carrière, sauf qu'il fut reçu Bachelor of Music à l'université d'Oxford en 1592, publia en 1598 un recueil de madrigaux à 4 voix d'une écriture très personnelle. Ce sont surtout les pièces pour virginal réunies dans le Fitzwilliam Virginal Book (une cinquantaine) qui témoignent de sa réputation. "Entre Bull le virtuose et Byrd le poète, il est le lutin, l'alerte chansonnier qui n'a besoin que de quelques lignes pour dire amicalement son brin de joie et de nostalgie", tel nous le décrit le critique musical Guy Sacre et comme en témoigne l'Alman for two virginals, unique pièce à 2 virginals du Fitzwilliam Virginal Book.
Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) n'était pas anglais, mais ce célèbre compositeur, organiste et virtuose du clavier, "l'Orphée d'Amsterdam", était très aimé en Angleterre et plusieurs de ses compositions pour virginal figurent dans le Fitzwilliam Virginal Book où ne sont insérés par ailleurs que des compositeurs anglais. Quelques mois après la mort de Sweelinck, John Bull composa en sa mémoire une "Fantazia op de fuga van Mr. Jan pieterzs."
Il composa également de nombreuses œuvres vocales qui furent publiées de son vivant : motets, psaumes, chansons... sans doute à l'intention de la société privée d'Amsterdam ; des motets catholiques en latin, d'une grande maîtrise contrapuntique, notamment le recueil des Cantiones sacrae (1619) dont le motet pour le jour de Noël "Hodie christus natus est" ; mais aussi des chansons et psaumes en français, en particulier quatre livres de psaumes de David dont le psaume "O bienheureuse la personne"(1614, Livre troisième des psaumes de David - textes de Clément Marot et Théodore de Bèze).
L'art de la mélodie
John Dowland (1563-1626), exact contemporain de Sweelinck, était un luthiste et compositeur très admiré dans toute l'Europe. A l'âge de 17 ans, il passe 4 années à Paris. Il y connaîtra l'air de cour français. A son retour en Angleterre, il obtient le grade de Bachelor of Music de la Christ Church d'Oxford, mais en dépit de sa renommée grandissante ne parvient pas à obtenir un poste de luthiste à la cour de la reine Élisabeth et en 1594, il quitte l'Angleterre pour l'Allemagne.
Il retourne brièvement à Londres en 1596 où il publie son "First Booke of songes and Ayres" (premier livre de chansons et airs avec accompagnement au luth). "Come Again, sweet love", chanson d'amour à quatre voix, légère et élégante, d'une mélancolie caractéristique de Dowland, fait partie de ce premier livre qui rencontra un grand succès.
En 1598, le roi Christian II du Danemark, beau-frère du futur Jacques Ier d'Angleterre le nomme luthiste de sa cour. Il y restera pendant 8 ans et compose un important recueil de pièces instrumentales pour le luth et 5 violes : les "Lachrimae or Seaven Teares". Ce recueil qui sera publié en 1604 regroupe sept pavanes sur le thème de la chanson "Flow my Tears" connu dans toute l'Europe et plusieurs autres "pavans, galiards and almands", dont "The Earl of Essex Galiard" qui reprend une mélodie du first book of songs "Can she excuse my wrongs" et "Thomas Collier his galiard", originale par son écriture en imitation des deux dessus. En 1612, un poste de luthiste à la cour d'Angleterre sera spécialement créé pour John Dowland.
John Ward (1571-1638), moins célèbre, était malgré tout très apprécié de son vivant, comme en témoignent ses contemporains Thomas Tomkins qui lui dédia un madrigal et Thomas Mace qui le désignait comme un compositeur de grande valeur.
Choriste à la cathédrale de Canterbury jusqu'en 1607, il entra ensuite au service de Sir Henry Farshawe, haut fonctionnaire royal et musicien amateur éclairé. Il composa de la musique sacrée vocale anglicane (services et anthems), et surtout des madrigaux (dont il publia un seul recueil en 1623), remarquables par leur originalité et par lesquels il demeure surtout connu, ainsi que de belles pièces pour consort de violes d'un style aussi fluide et accompli que celui des madrigaux : fantaisies à 5 violes ...
La musique baroque à Londres -  XVIIè XVIIIè siècles. Deux génies : Purcell et Haendel.
Henry Purcell (1559-1695), appelé en Angleterre l'Orpheus Britannicus, était un enfant très doué : à l'âge de cinq ans, il était engagé comme chanteur de la Chapelle Royale où il reçut une excellente formation musicale. A l'âge de 7 ans, il est compositeur "ordinaire" pour les violons de la Chapelle Royale et en 1679, est titulaire de l'orgue de l'abbaye de Westminster. Il sera ensuite également nommé organiste de la Chapelle Royale et fera partie de la "musique privée du roi". Il a eu la chance de naître après l'austérité des années puritaines de Cromwell et sera successivement au service des rois Charles II jusqu'en 1685, Jacques II jusqu'en 1688 puis Guillaume d'Orange et son épouse, la reine Mary.
À la cour de Charles II qui aimait la musique française, il s'est imprégné des créations de Lully et Charpentier et a rencontré les musiciens italiens qui y étaient également appréciés. Il a su intégrer ces styles de manière très personnelle. S'il est surtout connu pour ses œuvres dramatiques (Didon et Énée, King Arthur, The Fairy Queen...) et les Odes pour l'anniversaire de la Reine Mary, il composa également beaucoup de musique liturgique anglicane, pour la plupart sous le règne de Charles II, dont les "verse anthems", motets polyphoniques entrecoupés de solos vocaux en dialogue avec des parties instrumentales, comme l'anthem "O sing unto the Lord a new song" caractéristique du style de Purcell avec des alternances d'exubérance italienne et d'intériorité anglicane. Il daterait, d'après le manuscrit de Gostling, de 1688, et fut sans doute composé à la même époque que Didon et Énée, mais on ne sait pas pour quelle occasion.
 William Corbett (1680-1748), violoniste et concertiste, est un des premiers compositeurs anglais à avoir écrit des concertos. Il dirigea en tant que violoniste l'orchestre du Queen's Theater et donnait des concerts en tant que soliste. Il aimait y présenter des instruments peu familiers comme la mandoline, l'archiluth ou la viole d'amour. Au début du XVIIIè siècle, l'Angleterre est un royaume prospère et Londres attire de nombreux musiciens et compositeurs italiens ou ayant étudié la musique italienne. Les Anglais sont séduits par le nouveau goût italien.
On reconnaît cette influence italienne dans les œuvres de Corbett, comme dans sa 1ère sonate à trois pour 2 flûtes et basse de l'opus 2 publiée en 1705. Ses sonates étaient souvent jouées au théâtre comme intermèdes musicaux et plaisaient beaucoup au public. Entre 1711 et 1740 Corbett séjourna régulièrement à Rome (peut-être mandaté par la couronne pour y surveiller le prétendant au trône James Stuart). Il retournait occasionnellement à Londres pour y publier ses œuvres (concertos, sonates, cantates).
Georg Friderich Händel, ou Haendel (1685-1759), né en Saxe près de Leipzig, un mois avant J.S. Bach, commence à étudier l'orgue et la composition. Remarquable organiste, il jouait aussi du violon, de la trompette et du hautbois, mais il est fasciné par l'opéra et en 1703 part suivre une solide formation à Hambourg, le centre de l'opéra en Allemagne. Il y compose un premier opéra Almira, puis commence une carrière en Italie. À Rome, il fait la connaissance de Corelli et Scarlatti. Il compose cantates et psaumes, quelques opéras et des oratorios, notamment Il trionfo del Tempo e del Disinganno en 1707 (Le triomphe du Temps et de la Désillusion). Son opéra Agrippina joué à Venise est son premier grand succès.
En 1712, il décide après le triomphe de Rinaldo au Queen's Theater de s'installer à Londres pour le reste de sa vie. En 1727, Il sera naturalisé anglais et prendra le nom de George Frideric Handel. La mort de H. Purcell avait laissé un grand vide en Angleterre. Haendel est bien accueilli. En 1717, Georges Ier lui commande la célèbre suite de mouvements orchestraux appelée plus tard Water Music, et en 1719 il lui accordera un don pour fonder la Royal Academy of Music dont Haendel sera le directeur musical. Il compose alors 14 opéras italiens (Giulio Cesare, Rodelinda, Orlando ...) pour l'interprétation desquels il fait venir des chanteurs vedettes italiens. Le public est conquis. Mais suite à des difficultés financières, il délaisse peu à peu l'opéra italien et se consacre de préférence à la musique instrumentale (Music for the Royal Fireworks ...) et à l'écriture d'oratorios en anglais. Le Messie en 1741 est son œuvre la plus populaire. Il aura en tout composé 42 opéras et 25 oratorios ...
En 1737 il donne de nouvelles représentations, après l'avoir remanié, de son oratorio Il trionfo del Tempo e del Disinganno composé en Italie et qu'il renomme Il Trionfo del Tempo e della Verita. Vingt ans plus tard, il reprendra à nouveau la partition, et en fait traduire les paroles en anglais : c'est "The Triumph of Time and Truth". Il insère notamment dans sa dernière version de 1758 le chœur "Comfort them, O Lord", anthem qu'il avait composé en 1749 pour le Foundling Hospital, institution londonnienne qui recueillait les enfants abandonnés en vue de leur assurer soin et éducation. Haendel y donnait des concerts pour collecter des dons.
 2/ PROGRAMMES "CANTIQUES DES CANTIQUES" et "UN CANTIQUE DE SATIN"
 Jean-Sébastien Bach (1685-1750) Aria "Den Tod niemand zwingen kunnt" de la Cantate BWV 4 "Christ lag in Todesbanden" (Nr3-Versus 2) J.S.Bach avait 20 ans quand il a composé en 1707, pour le dimanche de Pâques, une de ses cantates les plus connues, la Cantate BWV 4 "Christ lag in Todesbanden" (Christ gisait dans les liens de la mort). Il est alors organiste à Mülhausen, petite ville de Thüringe à 60km d'Arnstadt. La cantate est construite comme une variation sur les 7 strophes du choral du même nom de Martin Luther. L'Aria "Den Tod niemand zwingen kunnt" (Nul ne peut contraindre la mort) en est le 2ème verset. C'est un duo soprano alto sur une basse obstinée qui se termine par un halleluja, comme tous les versets de la cantate. Kyrie "Christe du Lamm Gottes" en fa majeur BWV 233a Les sources originales du kyrie pour choeur à 5 voix et continuo "Christe, du Lamm Gottes (Christ, Agneau de DIeu) BWV 233a ont disparu. L'écriture fait supposer que Bach l'a composé lorsqu'il était à Weimar (1708-1717). Il l'a repris plus tard dans la Missa en Fa BWV 233.  Guillaume Bouzignac (env.1587-1643) est originaire du Languedoc. De la carrière de ce compositeur itinérant, on ne connait que quelques emplois mineurs à Grenoble, Tours et Angoulême. En 1643, il est "Maître des enfants de chœur et expert en l'art musical" à Clermont-Ferrand. On suppose qu'il est décédé dans cette ville en 1643, ou un peu après. La musique de Bouzignac est accessible dans seulement 2 manuscrits, l'un conservé à Tours, l'autre à la Bibliothèque Nationale. A travers son œuvre, on peut observer la pénétration en France de l'influence italienne. Il écrit en effet dans un style proche du madrigal de Marenzio ou de Vecchi, et cherche à traduire en musique tous les mots du texte. Bouzignac a certainement contribué à l'avènement de l'oratorio, et se présente comme un précurseur de Marc-Antoine Charpentier. Dietrich Buxtehude (1637-1707), d'origine danoise était un organiste virtuose et un compositeur réputé dans toute l'Allemagne (surnommé en son temps le "Maître de Lübeck"). On sait peu de choses sur ses années de formation au Danemark. En 1668, après deux postes d'organiste à Helsinborg et Elseneur, il prend les fonctions d'organiste et administrateur à la Marienkirche de Lübeck (Allemagne du Nord) et y resta jusqu'à la fin de sa vie. Il bénéficiait d'une aura exceptionnelle, autant pour ses compositions pour orgue que pour ses œuvres vocales religieuses et profanes (commandées par la riche bourgeoisie de Lübeck pour ses fêtes). Sont parvenues jusqu'à nous notamment 112 cantates dans lesquelles, comme dans "Der Herr ist mit mir" et "Jesu meines Lebens Leben", il aime à employer l'ostinato, motif obstinément répété autour duquel il structure l’œuvre. C'est grâce à ses amis et admirateurs (Gustav Düben, Jean-Sébastien Bach...) qui en ont conservé des copies que l’œuvre de Buxtehude nous est parvenue.
Juan del Encina (1468-1529) est un des compositeurs le plus connu du chansonnier de Barbieri (El Cancionero de Palacio). Ce manuscrit musical de la Renaissance espagnole conservé au Palais Royal de Madrid regroupe 450 pièces écrites par plus de 50 compositeurs espagnols sur une période d'une quarantaine d'années pendant le règne en Espagne des "Rois Catholiques" Ferdinand II d'Aragon et Isabelle 1ère de Castille. Ces chansons (villancicos et romances) sont des œuvres polyphoniques à deux, trois et quatre voix, écrites sur des thèmes très variés (amoureux, festif, pastoral, religieux ...) qui se jouent a cappella ou avec accompagnement instrumental. Personnage attachant aux dons multiples, bon musicien et poète, Juan del Encina est l'un des créateurs du théâtre espagnol.
Francisco Guerrero (1528-1599) est avec Tomas Luis de Victoria et Cristobad de Morales l'un des principaux compositeurs espagnols du 16ème siècle. Il représente plus particulièrement l'école andalouse qui se caractérise par la grande ferveur religieuse de ses compositions. Il effectue de nombreux voyages à travers l'Espagne et le Portugal et passe une année en Italie. Avant ses trente ans, il jouit déjà d'une réputation exceptionnelle et certaines de ses œuvres sont publiées à l'étranger (motets, messes, psaumes, cantiques ... ), notamment des œuvres à double chœur comme le motet Ego flos campi (8 voix en double chœur).
Roland de Lassus (1532-1594) - ou Orlando di Lasso - Ce compositeur wallon de l'école franco-flamande est avant tout un musicien européen, revendiqué par l'Allemagne, ayant longuement vécu en Italie, voyagé en Angleterre et aux Pays Bas et ayant plus composé en français que Josquin des Prez ! Il a excellé dans toutes les formes musicales de son siècle : madrigaux, motets, chansons, parodies, Lieder, messes, notamment des chansons françaises de styles variés qui connurent un grand succès, entre autres des compositions amoureuses. Plus de 2 400 pièces jalonnent une carrière aventureuse et foisonnante.
Giovanni Pierlugi da Palestrina (1525-1594). Né à Palestrina près de Rome, Giovanni Pierlugi n'aurait pas eu d'autre ambition que de remplir ses fonctions de maître de musique à la cathédrale de sa ville natale si le pape Jules III ne l'avait appelé auprès de lui à Rome pour lui confier la maîtrise de la chapelle Sixtine. Toute la carrière de Palestrina se déroula dont à Rome avec la dignité, le sérieux et la sérénité que l'on retrouve dans ses œuvres. Ce grand musicien était à la fois un technicien accompli et un croyant sincère. Sa production est considérable : six cents motets, deux cents madrigaux, quarante deux psaumes, quatre vingt seize messes et de nombreux ricercare.
Salomone Rossi (1570-1630). A la transition de la Renaissance et du Baroque en Italie, Salomone Rossi, violoniste à la cour du Duc de Mantoue, "condisciple et collaborateur de Monteverdi a particulièrement brillé dans l'art de la variation instrumentale. Juif, il composa quelques-unes des plus anciennes pièces de la liturgie synagogale écrites en style polyphonique" (Philippe Beaussant)
Hermann Schein (1586-1630), en Allemagne centrale, n'était pas allé étudier à Venise comme son ami Heinrich Schütz, mais il maîtrisait parfaitement les nouveautés de la musique italienne de son époque. Maître de chapelle à Weimar puis Kantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig (un siècle avant Jean-Sébastien Bach), il eut de nombreux élèves et déclarait lui-même composer "pour servir la méditation et la dévotion chrétienne lors de la célébration de services religieux, mais aussi pour apporter un peu de divertissement lors de réunions entre honnêtes gens". Ses Å“uvres religieuses et profanes sont une synthèse entre la tradition luthérienne et l'esthétique musicale italienne. Les motets de son chef-d’œuvre "Israelis Brünnlein" (les Fontaines d'Israël) sont écrits sur des textes religieux issus de la Bible, mais traités musicalement comme des madrigaux profanes italiens. Il a laissé un seul recueil de pièces instrumentales le "Banchetto musicale", suites de danses qui préfigurent ce que deviendra la suite instrumentale à la période baroque.Â
 Heinrich Schütz (1585-1672) est l'un des principaux représentants du premier baroque allemand. Il est généralement considéré comme le plus grand musicien allemand antérieur à Jean-Sébastien Bach, et l'un des plus importants de la musique occidentale au 17ème siècle avec Monteverdi. Après des études en Allemagne, il poursuit sa formation musicale en Italie auprès de Gabrieli. Peu après son retour en Allemagne, on lui confie la charge de maître de chapelle à la cour de l’Électeur de Saxe à Dresde qu'il assurera de 1617 à 1672. Une grande partie de sa vie active se déroula pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648). C'est dans ce contexte qu'il compose et publie en 1625 les Cantiones sacrae, recueil de 40 courts motets pour quatuor vocal et orgue. Il séjourna à nouveau en Italie où il rencontra Monteverdi, puis au Danemark.
3/ PROGRAMME VOYAGE MUSICAL DANS L'EUROPE BAROQUE
Hildegard von Bingen(1098-1179), moniale bénédictine allemande du XIIème siècle, n'est pas uniquement connue pour ses écrits mystiques. C'est une femme aux multiples talents. Abbesse, écrivaine, peintre, botaniste, femme politique, c'est aussi l'une des plus anciennes compositrices dont on ait conservé l’œuvre : plus de 70 chants liturgiques composés pour ses sœurs bénédictines. → Écouter des extraits
Alfonso el Sabio (1221-1284) : Alphonse X, dit Alphonse le Sage (ou le Savant), roi de Castille et de León (royaume médiéval de la péninsule ibérique) et antiroi de Germanie était également une personnalité très érudite. Il fit travailler à Tolède savants, traducteurs, poètes et musiciens, notamment à l'élaboration d'un des plus importants recueils de chansons de la littérature médiévale en Occident : les Cantigas de Santa Maria (427) regroupés dans 4 manuscrits illustrés d'enluminures représentant des musiciens. Ces chansons dont les textes sont écrits en galaïco-portugais, langue du Moyen Âge commune au galicien et au portugais sont pour la plupart des hymnes religieux en hommage à la Vierge Marie (ex. "Santa Maria strela do dia"). Le roi lui-même serait l'auteur de certaines chansons, mais on pense qu'il n'en était que le mécène.
El Cancionero de Palacio (1474-1516) - ou chansonnier de Barbieri - dont est extrait la chanson d'un compositeur anonyme "Pase el agoa ma Julieta" est un manuscrit musical de la Renaissance espagnole conservé au Palais Royal de Madrid. Il regroupe 450 pièces écrites par plus de 50 compositeurs espagnols sur une période d'une quarantaine d'années pendant le règne en Espagne des "Rois Catholiques" Ferdinand II d'Aragon et Isabelle 1ère de Castille, qui fut une période de grande créativité dans le domaine des arts. La musique accompagnait presque tous les aspects de la vie privée et publique de ces souverains et leur cour attirait un grand nombre d'instrumentistes, chanteurs et compositeurs. Ces chansons (villancicos et romances) sont des œuvres polyphoniques à deux, trois et quatre voix, écrites sur des thèmes très variés (amoureux, festif, pastoral, religieux ...) qui se jouent a cappella ou avec accompagnement instrumental.
Andrea Gabrieli (1533-1585), organiste et compositeur vénitien, notamment en fonction à la basilique Saint-Marc de Venise, place musicale parmi les plus prestigieuses en Italie, était l'oncle du plus connu Giovanni Gabrieli (ce dernier fut d'ailleurs son élève). Il composa comme lui de nombreuses œuvres religieuses à la manière polychorale vénitienne (double choeur en style concertant) pour la basilique Saint-Marc, profitant d'excellents instrumentistes et des possibilités acoustiques de la basilique. Mais il explora aussi une grande variété d'autres styles et formes, notamment madrigaux et pièces instrumentales. Il composa 7 livres de madrigaux."Canto canto festa festa" est une chanson profane du recueil "Madrigali e Ricercari a Quattro Voci"composée en 1589 à Venise. On retrouve chez Andrea Gabrieli l'influence de Roland de Lassus, le maître de l'école franco-flamande de la fin du 16ème siècle qu'il rencontra à la cour de Bavière, lors d'un voyage en Allemagne en 1562 qui le conduisit jusqu'en Bohême et en Autriche.
Tomás Luis de Victoria (env 1548/1550-1611), compositeur, maître de chapelle et organiste est le plus célèbre polyphoniste de la Renaissance espagnole. Il a partagé sa vie entre l'Espagne et l'Italie à Rome où il poursuivit ses études, plus particulièrement de musicologie auprès de Palestrina dont il était un grand admirateur. Il y exerça diverses fonctions, notamment au service de l'impératrice Marie, fille de Charles Quint et ne retourna définitivement à Madrid que vers 1596 où il finit sa vie loin des postes officiels. Il s'est consacré uniquement à la composition de pièces pour la liturgie catholique (messes, motets, hymnes ....), œuvres d'un style très contrapuntique, empreintes d'une grande profondeur religieuse et d'une forte émotion dramatique. C'est la publication à Rome en 1585 de son chef d’œuvre l' "Officium Hebdomadae Sanctae", recueil de musiques polyphoniques à exécuter pour les offices de la semaine sainte qui l'a rendu célèbre. Il y inséra le motet "Vere langores" à chanter pour le vendredi saint qu'il avait publié dans son premier livre de motets en 1572.
Orazio Vecchi (1550-1605), en Italie du Nord (il est né et mort à Modène où il exerça comme maître de chapelle et "maestro di corte" à la cour de Cesare d'Este) fut un compositeur très prolifique dans les domaines à la fois sacré et profane. Mais c'est dans sa musique profane qu'il s'est distingué : canzonettes, madrigaux, pièces récréatives où, comme il le dit lui-même, il "alterne le piacevole (aimable) et le grave (sérieux) sans crainte pour la dignité de l'art et le sérieux de la profession". Le livre qu'il publie en 1590 "Selva di vari ricreatione" composé de "sujets variés de 3 à 10 voix" dans un esprit humoristique est caractéristique de ces divertissements. L'aria à 4 voix "So ben mi c'ha bon tempo" qui en fait partie traduit à merveille l'atmosphère du carnaval de Venise, tout en paillettes et faux semblants.
Giovanni Giacomo Gastoldi (1555-1622), compositeur et maître de chapelle a fait toute sa carrière à Mantoue (Italie du Nord) à l'église Santa Barbara au service des ducs de Gonzague, grande famille de la renaissance italienne dont la cour était très attractive pour les artistes. Santa Barbara était l'église de la cour et Gastoldi, en charge des services liturgiques composa de nombreuses Å“uvres religieuses (messes, motets, psaumes, vêpres...), mais ce sont surtout ses compositions profanes (madrigaux, balletti ...) qui l'ont rendu célèbre, notamment le livre des "Balletti a cinque voci" (1591) qui fit l'objet de trente rééditions. Conçus pour voix et instruments et être dansés, ces balletti furent également diffusés à l'étranger et leur écriture a influencé les compositeurs contemporains comme Thomas Morley en Angleterre et en Italie Monteverdi qui était également à Mantoue depuis 1590 (maître de la musique ducale).  Hermann Schein (1586-1630), en Allemagne centrale, n'était pas allé étudier à Venise comme son ami Heinrich Schütz, mais il maîtrisait parfaitement les nouveautés de la musique italienne de son époque. Maître de chapelle à Weimar puis Kantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig (un siècle avant Jean-Sébastien Bach), il eut de nombreux élèves et déclarait lui-même composer "pour servir la méditation et la dévotion chrétienne lors de la célébration de services religieux, mais aussi pour apporter un peu de divertissement lors de réunions entre honnêtes gens". Ses Å“uvres religieuses et profanes sont une synthèse entre la tradition luthérienne et l'esthétique musicale italienne. Les motets de son chef-d’œuvre "Israelis Brünnlein" (les Fontaines d'Israël) sont écrits sur des textes religieux issus de la Bible, mais traités musicalement comme des madrigaux profanes italiens. Il a laissé un seul recueil de pièces instrumentales le "Banchetto musicale", suites de danses qui préfigurent ce que deviendra la suite instrumentale à la période baroque.Â
Dietrich Buxtehude (1637-1707), d'origine danoise était un organiste virtuose et un compositeur réputé dans toute l'Allemagne (surnommé en son temps le "Maître de Lübeck"). On sait peu de choses sur ses années de formation au Danemark. En 1668, après deux postes d'organiste à Helsinborg et Elseneur, il prend les fonctions d'organiste et administrateur à la Marienkirche de Lübeck (Allemagne du Nord) et y resta jusqu'à la fin de sa vie. Il bénéficiait d'une aura exceptionnelle, autant pour ses compositions pour orgue que pour ses œuvres vocales religieuses et profanes (commandées par la riche bourgeoisie de Lübeck pour ses fêtes). Sont parvenues jusqu'à nous notamment 112 cantates dans lesquelles, comme dans "Der Herr ist mit mir" et "Jesu meines Lebens Leben", il aime à employer l'ostinato, motif obstinément répété autour duquel il structure l’œuvre. C'est grâce à ses amis et admirateurs (Gustav Düben, Jean-Sébastien Bach...) qui en ont conservé des copies que l’œuvre de Buxtehude nous est parvenue.
Johann-Christoph Bach (1642-1703), organiste et claveciniste à la cour du duc d'Eisenach en Thüringe (Allemagne centrale), ville natale de Jean-Sébastien Bach, est considéré comme le compositeur le plus talentueux de sa famille avant Jean-Sébastien Bach qui l'appréciait beaucoup et joua nombre de ses œuvres à Leipzig. On retrouve dans sa musique la tradition luthérienne et l'influence baroque italienne. Sa connaissance du style italien lui venait sans doute de son maître, le cantor d'Arnstadt qui était lui-même élève d'Heinrich Schütz. Outre des œuvres pour clavecin et orgue, il composa pour les différents offices de la liturgie protestante arias, cantates et motets. Parmi les onze motets qui nous sont parvenus, le motet "Der Herr, vom Weiben geboren", construit en deux parties Motetta et Aria sur un extrait du livre de Job et un choral, est caractéristique de son inventivité et de son style expressif.   Domenico Scarlatti (1685-1757), compositeur napolitain prolifique et claveciniste virtuose est surtout célèbre pour son imposante œuvre pour clavecin composée à la cour d'Espagne où il termina sa vie. Mais pendant les trente premières années de sa carrière en Italie, dans le cadre de ses fonctions successives à Venise, Naples et Rome (où il fut notamment maître de chapelle du Vatican) il composa pour l'essentiel musiques religieuses et opéras. Parmi les pièces vocales religieuses qui nous sont parvenues figure la "Missa quatuor vocum", messe à 4 voix appelée aussi "Messe de Madrid", car elle fut retranscrite en 1754 pour la chapelle royale d'Espagne. Sa composition daterait des années romaines de Scarlatti (1709-1719). Elle est écrite en effet dans le style ancien à la manière des maîtres de la Renaissance selon les principes recommandés par l’Église romaine et comme on lui avait enseigné. Mais c'est aussi une œuvre vivante, à l'écriture variée et expressive dans l'esprit baroque.
4/ PROGRAMME AUTOUR DE BLAISE PASCAL
Guillaume Bouzignac (env.1587-1643) est originaire du Languedoc. De la carrière de ce compositeur itinérant, on ne connait que quelques emplois mineurs à Grenoble, Tours et Angoulême. En 1643, il est "Maître des enfants de chœur et expert en l'art musical" à Clermont-Ferrand. On suppose qu'il est décédé dans cette ville en 1643, ou un peu après. La musique de Bouzignac est accessible dans seulement 2 manuscrits, l'un conservé à Tours, l'autre à la Bibliothèque Nationale. A travers son œuvre, on peut observer la pénétration en France de l'influence italienne. Il écrit en effet dans un style proche du madrigal de Marenzio ou de Vecchi, et cherche à traduire en musique tous les mots du texte. Bouzignac a certainement contribué à l'avènement de l'oratorio, et se présente comme un précurseur de Marc-Antoine Charpentier. André Campra (1660-1744) est né à Aix-en-Provence. Fils d'un chirurgien originaire de Turin, il fut successivement maître de musique aux cathédrales de Toulon, Arles,Toulouse, et enfin à Notre-Dame de Paris. Dans les genres du motet et de la tragédie lyrique, tels qu'ils avaient été illustrés, respectivement, par Delalande et Lully, le génie méridional de Campra introduisit un écho du nouveau style italien. Ses compositions comprennent des psaumes, des motets, trois livres de "cantates françoises", une messe, un requiem et de nombreux opéras ou tragédies lyriques. Il est mort à Versailles. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) est né à Paris, mais il fit ses études de musique à Rome. Elève de Carissimi, il resta marqué par le style italien et est considéré comme un des plus grands maîtres de la musique du 17ème siècle en France. Au service de la famille de Guise pendant 18 ans, il occupe ensuite divers postes prestigieux, notamment dans des établissements jésuites parisiens. Il excelle aussi bien dans des œuvres profanes, musiques de scènes, opéras, cantates, sonates, symphonies ... que dans des œuvres de musique sacrée, motets (à grand ou petit effectif), oratorios, messes, psaumes . Louis Couperin (env. 1626-1661) est né dans la Brie. Oncle de François Couperin (dit "le Grand"), il est surtout connu comme organiste. Excellent organiste amateur, il fut sans doute initié à la musique par son père. C'est grâce à l'illustre Chambonnières qu'il fut présenté à la Cour, et qu'il obtint le poste d'organiste de St Gervais, qui allait être occupé par la famille Couperin pendant plus d'un siècle et demi. Louis Couperin fut aussi "ordinaire de la musique du Roi". Il mourut jeune d'un mal inconnu.Dans sa musique extraordinairement "moderne", on découvre un sens dramatique presque romantique (utilisation de chromatismes, de modulations hardies et de l'accord de septième diminuée). Chaconnes et passacailles pour clavier constituent le meilleur de son œuvre, mais il a également composé des symphonies pour instruments et cinq fantaisies pour 2 violes. Henry Du Mont (1610-1684), organiste et compositeur est originaire de la Principauté de Liège en Belgique. Après quelques années d'itinérance, il s'installe à Paris où il rencontre d'autres virtuoses de la viole de gambe, du théorbe, du clavier et du chant. Il atteint vite la célébrité à la cour de Louis XIV et suscite l'admiration de Lully. Il publie les Cantica sacra, recueil de motets et pièces instrumentales pour les violes en 1652. Claveciniste du Duc d'Anjou, il obtient la charge d'organiste de la Reine, puis sous-maître et compositeur de la musique de la Chapelle Royale. Michel Lambert (1610-1696), chanteur et compositeur est né dans la Vienne et mort à Paris. Grâce à sa jolie voix d'enfant, il entre au service du Duc d'Orléans puis enseigne à la fille du prince, "la Grande Mademoiselle". Il devient le meilleur maître d'un art de chant spécifiquement français, et le chanteur préféré des salons de la société précieuse. En 1661, à la mort de Jean de Cambefort, il est nommé maître de musique de la Chambre du Roy. Les compositions de Michel Lambert (plus de 200) appartiennent à un nouveau type, l'air sérieux, qui, proche encore de l'air de cour mais accompagné de la basse continue, annoncent Lully. En 1689, il fit graver un livre d'Airs à une, deux, trois et quatre parties, avec la basse continue. Les pièces de ce recueil sont souvent précédées de ritournelles instrumentales qui témoignent d'une belle inspiration et d'une grande maîtrise technique. Jean Titelouze (1563-1633), est né à Saint-Omer, en Normandie. Compositeur et organiste talentueux, il est considéré comme le père fondateur de l'école d'orgue française. Organiste et chanoine à la Cathédrale de Rouen, il passa l'essentiel de sa carrière dans cette ville, mais poète, théoricien et expert en facture d'orgues, il est connu bien au-delà de Rouen. Il échange des lettres avec le célèbre théoricien Marin Mersenne et se rend à Paris où il rencontre poètes et musiciens. "Il y a de fortes chances que, au temps de leur séjour à Rouen, les Pascal aient bien connu le remarquable organiste Jehan Titelouze l'un des correspondants les plus assidus de Mersenne", mentionne Jean Mesnard. Jean Titelouze compose pour les voix et pour orgue, notamment un livre d'Hymnes de l'église pour toucher sur l'orgue, avec les fugues et leurs recherches sur leur plain-chant publié en 1623. Le recueil comprend 12 œuvres sur les thèmes les plus utilisés dans la liturgie catholique. Les organistes de l'époque en effet improvisaient le plus souvent sur les motifs de plain-chant. Titelouze y emploie des motifs fugués dits de recherche (ou ricercare).
Guillaume-Gabriel Nivers (1632-1714), élève de Chambonnières et de Du Mont, fut un organiste renommé et apprécié sous Louis XIV. Organiste titulaire de l'église St Sulpice à Paris de 1654 à 1714, il occupa également plusieurs charges officielles : organiste de la chapelle royale en 1678, maître de musique de la Reine en 1682 et maître de musique à St Cyr en 1686. Très pieux et lié d'amitié avec de nombreux ecclésiastiques, il est connu pour ses pièces d'orgue et ses petits motets qui révèlent sa maîtrise du langage musical de l'époque. Théoricien de la musique religieuse, il a également laissé de nombreux travaux sur le plain-chant.
5/ PROGRAMME MUSIQUES SACRÉES   "DU GRÉGORIEN AUX POLYPHONIES BAROQUES"
Hildegard von Bingen(1098-1179), moniale bénédictine allemande du XIIème siècle, n'est pas uniquement connue pour ses écrits mystiques. C'est une femme aux multiples talents. Abbesse, écrivaine, peintre, botaniste, femme politique, c'est aussi l'une des plus anciennes compositrices dont on ait conservé l’œuvre : plus de 70 chants liturgiques composés pour ses sÅ“urs bénédictines. → Écouter des extraits Lope de Baena (1476-1506) est un musicien de la Renaissance espagnole, compositeur de vihuela à la cour de Ferdinand et Isabelle d'Aragon."Todo quanto yo servi" est une pièce du manuscrit "Cancionero de Palacio de Madrid" regroupant plus de 500 oeuvres musicales de styles divers composées entre le dernier tiers du XVème siècle et le début du XVIème siècle. Orlando Gibbons (1583-1625), organiste et compositeur anglais fit ses études musicales au King's College de Cambridge. Il exerça comme organiste à l'abbaye de Westminster à Londres et auprès du futur Charles 1er d'Angleterre. Il est réputé pour ses compositions instrumentales : clavecin, orgue, virginal, violes de gambe, ainsi que pour ses Å“uvres vocales de la liturgie anglicane. Il excelle dans l'art du contrepoint. Salomone Rossi (1570-1630). A la transition de la Renaissance et du Baroque en Italie, Salomone Rossi, violoniste à la cour du Duc de Mantoue, "condisciple et collaborateur de Monteverdi a particulièrement brillé dans l'art de la variation instrumentale. Juif, il composa quelques-unes des plus anciennes pièces de la liturgie synagogale écrites en style polyphonique" (Philippe Beaussant) Giacomo Carissimi (1605-1674) et Antonio Caldara (1670-1736), éminents compositeurs de la période baroque en Italie ont tous deux été très appréciés de leur temps et joué un grand rôle dans l'évolution de la musique. Si le premier est resté à Rome toute sa vie au service du "Collefio Germanico e Hugarico", institution jésuite qui accueillait des étudiants de langue allemande, et de la reine Christine de Suède, le second, tout d'abord élève de Legrenzi à Venise, a beaucoup voyagé au service de princes illustres à travers l'Espagne, l'Italie puis l'Autriche où il s'établit définitivement en 1716. Paolo Lorenzani (1640-1713) compte aussi parmi les compositeurs les plus illustres de sa génération à Rome qu'il quitte ensuite pour la Sicile puis pour Paris où il reste pendant 17ans. Louis XIV reconnaît son talent et le nomme Maître de Musique de la reine Marie-Thérèse. Henry Du Mont (1610-1684), organiste et compositeur est originaire de la Principauté de Liège en Belgique. Après quelques années d'itinérance, il s'installe à Paris où il rencontre d'autres virtuoses de la viole de gambe, du théorbe, du clavier et du chant. Il atteint vite la célébrité à la cour de Louis XIV et suscite l'admiration de Lully. Il publie les Cantica sacra, recueil de motets et pièces instrumentales pour les violes en 1652. Claveciniste du Duc d'Anjou, il obtient la charge d'organiste de la Reine, puis sous-maître et compositeur de la musique de la Chapelle Royale.  Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) est né à Paris, mais il fit ses études de musique à Rome. Elève de Carissimi, il resta marqué par le style italien et est considéré comme un des plus grands maîtres de la musique du 17ème siècle en France. Au service de la famille de Guise pendant 18 ans, il occupe ensuite divers postes prestigieux, notamment dans des établissements jésuites parisiens. Il excelle aussi bien dans des Å“uvres profanes, musiques de scènes, opéras, cantates, sonates, symphonies ... que dans des Å“uvres de musique sacrée, motets (à grand ou petit effectif), oratorios, messes, psaumes ... Â
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